• BOULANGERIE ET PETITS VILLAGES REPORTAGE

     
     
     
     

    BOULANGERIE ET PETITS VILLAGES  REPORTAGE

    Virginie Mayet

     

    Même si les Français restent attachés à leur baguette, les boulangers commencent, eux aussi, à être touchés par la crise. Dans la campagne berrichonne, ils sont les premières victimes de la désertification.

    Petit à petit, les boulangeries ferment leurs portes. « Dans les villages, elles disparaissent dès lors que le boulanger part à la retraite », comme le constate Stéphane Rolland, co-président de la fédération du Cher et boulanger à Ménétréol-sous-Sancerre.

    En effet, les jeunes n’ont pas les moyens de remettre les locaux aux normes. Trop de charges, manque de soutien des banques mais aussi baisse de la clientèle, voilà les raisons de ce phénomène. « C’est arrivé à Oizon et ça arrive ailleurs. »

    Au quotidien, les boulangers doivent réduire leurs tournées, voire les supprimer, comme à Vornay. Elles ne sont plus rentables. Les frais de portage, entre deux et cinq centimes, ne suffisent pas à amortir les trajets. Augmenter le pain, le boulanger ne l’imagine même pas. « Je préfère rester raisonnable. Et puis le pain est un produit fort. Les gens réagissent à la moindre hausse alors que l’on augmente la baguette d’un centime, en moyenne, par an. »

    « La tournée, c’est plus un service que l’on rend. » Une aide de l’État permettrait peut-être de les maintenir. Mais Stéphane ne se fait pas trop d’illusion car le nombre de clients diminue. C’est pour cette raison qu’il a abandonné la sienne.

    Victimes de la désertification

    La population rurale est âgée. « Quand il y en a un qui décède dans un couple, celui qui reste rejoint la famille ou encore une maison de retraite. Nous perdons aussi cinq, six personnes le week-end… quand les enfants viennent les voir. » Stéphane Rolland se dit victime de la désertification.

    Pourtant, quand ils se sont installés, il y a une dizaine d’années, Stéphane et sa femme, Carine, vivaient bien. « Ça a décliné petit à petit, à partir des 35 heures et après l’arrivée de l’euro », confie la boulangère. Énergie, lait, beurre et même œufs, tout a augmenté.

    Stéphane regrette également que l’État légifère d’abord et fasse des commissions après. Selon lui, on méconnaît le fonctionnement des TPE (Très petites entreprises). « On investit notre capital personnel, on est des passionnés, il faut qu’on nous laisse travailler ! »

    Le meilleur exemple, selon lui, est celui des apprentis. Les contraintes administratives et juridiques sont devenues tellement lourdes que bon nombre de ses collègues ne veulent plus prendre d’apprentis. Compte pénibilité, affichage de tous les allergènes dans chaque pain ou pâtisserie, mais aussi mise aux normes pour l’accueil des personnes handicapées. « Bien sûr que je veux aménager ma boutique mais ça devrait coûter plus de 10.000 euros. Or, les banques ne nous suivent plus. Elles sont frileuses. Pour moi, elles n’assurent plus leur rôle de développement des petites entreprises. »

    Stéphane sait bien que sa profession n’est pas la seule dans ce cas mais « plutôt que d’aller bloquer des routes, il entend sensibiliser les élus afin que, demain, toutes les boulangeries de villages n’aient pas disparu. Si l’état ne fait rien, ce sera cuit pour nos petites boulangeries de campagne ».

    Virginie Mayet

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